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Mission | Décembre 2020 / Janvier 2021


En congé missionnaire

Imaginez : vous êtes retenu dans votre pays. Alors que vous vous prépariez à repartir en mission à l’étranger, que vous vous étiez une fois de plus détaché de vos racines, tout à coup, cet ordre retentit : « Stop ! Prolongation ! ». Tout est chamboulé. Ce n’est pas ce que vous aviez prévu. Mais qu’est-ce au fait qu’un congé dans la patrie ? Que fait un missionnaire pendant ce temps, des vacances ?



Se réjouir
Au moment de rentrer au pays, tout le monde se réjouit. Les enfants n’ont qu’une vague idée de la Suisse et de l’Allemagne. Qu’est-ce qui nous attend ? La neige, ou plutôt la glace, ils ne la connaissent que sortie du congélateur. Quant aux grands-parents, qui sont-ils ? Heureusement, grâce à la Poste et aux nouveaux médias, ils les connaissent déjà un peu.

Dire au revoir
La joie de revoir les uns est souvent mêlée au déchirement des au revoir. Au moment de prendre congé de notre entourage, nous remarquons à quel point ces relations étaient profondes. Nous emportons dans nos bagages une quantité de beaux souvenirs du pays où nous étions en mission.

Presque le ciel ?
Arriver au pays, être accueilli par nos familles. Croquer dans un vrai bretzel allemand, retrouver différentes sortes de fruits, déguster du chocolat suisse… profiter de ces choses dont nous avons été privés durant des années (ou dont nous avions un choix limité, au gré des conteneurs venus d’Europe). Au centre commercial, nous partons presque à la renverse, tant le choix est immense.

Ou pas ?
La réalité a parfois dépassé nos attentes, mais nous a aussi réservé quelques déceptions. Nous nous sommes parfois perdus dans la jungle des démarches administratives et de l’individualisme. Finalement, où se trouve la jungle, ici ou là-bas ? Et notre patrie, quelle est-elle ? Allemagne, Suisse ou Papouasie-Nouvelle-Guinée ? Pas facile. Notre plus jeune fille en particulier était toute désorientée : « Sommes-nous en Papouasie ? ». Puis, après quelques minutes de route : « Et maintenant, sommes-nous en Allemagne ? »

L’Église, notre patrie
De tout cœur, nous disons merci à Dieu pour l’Église qu’il nous a donnée. Au sein de cette famille élargie, nous avons été encouragés et fortifiés. Être en congé missionnaire, c’est aussi entretenir et nouer des contacts. Raconter l’œuvre de Dieu sur le champ missionnaire, entendre ce qu’il a fait dans la patrie durant ces quatre années, s’émerveiller ensemble. Des Églises ont grandi. D’autres auraient besoin de renforts. Les mutations sociales créent de nouveaux défis. Ces sujets nous ont interpellés durant notre congé et continuent d’occuper nos prières.

Repartir ? Oui, non, peut-être ? Et quand ?
Vient le moment de penser au départ. De quoi avons-nous besoin pour la vie quotidienne, pour rendre notre travail plus simple ou plus agréable ? Nous procédons à divers préparatifs, la tension monte… parallèlement, des questions, des doutes, des incertitudes surgissent. Est-il vraiment temps de repartir en Papouasie-Nouvelle-Guinée ? Une grande récolte attend en Europe aussi, même si le climat y est plus rude. D’autres champs de mission, d’autres besoins. Qui partira ? À chaque nouveau départ, nous cherchons la volonté de Dieu pour agir en conséquence.

Direction le ciel
Nous nous le répétons sans cesse : « En effet, ici-bas nous n'avons pas de cité permanente, mais nous recherchons celle qui est à venir. Par Christ, offrons donc sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui reconnaissent publiquement lui appartenir. » (Hébreux 13,14-15). Savoir cela nous aide à fixer de bonnes priorités. Nous nous réjouissons de ce jour où nous dirons : « Ça, c’est vraiment le ciel ! Notre patrie est auprès de Jésus ! Le voyage en a valu la peine ! »

Merci !
Pour terminer, nous tenons à dire merci. Merci à Dieu grâce à qui nous sommes citoyens des cieux en Jésus-Christ ! Merci pour chaque occasion de vous rencontrer, pour vos paroles, vos prières et vos gestes encourageants. Merci pour l’Église.